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Un livre, un DVD et sur Arte une émission : À voir pour ne pas dire qu’on ne savait pas ! Notre poison quotidien. Edifiant..

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Si vous n’êtes pas encore au courant, je vous fais partager un mail fort intéressant que j’ai reçu récemment.. Le message est de Marie-Monique Robin (et Claude Bourgignon). En fin d’article vous pouvez aussi voir en vidéo  la bande annonce  de l’émission.

L’émission « Notre poison quotidien«  sera diffusé le 15 mars à 20h40 sur ARTE et le même jour, le  livre éponyme sera dans les librairies ainsi que le DVD.

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Pourquoi cette enquête et ce livre ?

Alors qu’elle travaillait sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et qu’elle découvrait comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n’a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, marie Monique Robin  s’est posé trois questions:

– » Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une *exception* dans l’histoire industrielle? »

– « Comment sont *réglementés les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guerre mondiale? »

– « Y-a-t il un lien entre l’exposition à ces produits chimiques et « l’épidémie de maladies chroniques évitables » que l’*Organisation mondiale de la santé OMS) a constatée surtout dans les pays dits « développés »

Consciente que le champ d’investigation était très vaste, Marie-Monique Robin a décidé de ne s’intéresser qu’aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire, du champ du paysan (pesticides) à l’assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).

Avant d’entreprendre ce nouveau tour du monde, elle a réalisé un long travail de recherche préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et elle a rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation), soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés.

Elle a aussi consulté les archives d’organisations internationales comme l’OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui dépend de la première.

Pour illustrer et vous couper l’appétit : la « Recette de la tarte aux cerises  »

Voici, la liste des produits chimiques utilisés pour la fabrication d’une tarte aux cerises de supermarché, depuis le champ de blé jusqu’à l’usine agro-alimentaire. Bon appétit!

Histoire de la pâte
:

Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter la verse et 1 dose importante d’engrais: 240 kg d’azote, 100 kg de phosphore et 100 kg de potassium à l’hectare, tout de même ! Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone , puis arrosés au chlopyriphosméthyl .

Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase. Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi au permanganate de potassium. Pas de pâte sans corps gras. Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l’hydroxytoluène de butyl et un émulsifiant type lécithine.

Histoire de la crème :
La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des œufs, du lait, et même de l’huile.

*Les œufs proviennent d’un élevage industriel où les poules sont nourries avec des granulés contenant des: antioxydants (E300 à E311),  arômes, émulsifiants: alginate de calcium, conservateurs : acide formique, colorants : capsanthéine, agents liants: lignosulfate, des appétants : glutamate de sodium, et pour qu’elles puissent avaler tout ça, des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens .

Les œufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface comme l’acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc. *

Le lait provient d’un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques : antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)

– antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307), buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),

– émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),

– conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280) et ses dérivés (F281 à E284),

– composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),

– agents liants : stéarate de sodium,

– colorants : F131 ou F142

– et enfin des appétants comme le glutamate de sodium pour que les vaches puissent manger tout ça.

Les huiles, quant à elles, ont été : extraites par des solvants comme l’acétone,  puis raffinées par action de l’acide sulfurique,  puis lavées à chaud,  neutralisées à la lessive de soude,  décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc. Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

La crème de la tarte
, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l’acide alginique (E400).

Histoire des Cerises (complétée d’après des éléments de « Aromatherapie » Jean Valnet 1990, Maloine) : Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années

Les cerises sont : décolorées à l’anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l’acide carminique ou à l’érythrosine. Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d’aluminium et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium (E202). Elles sont enfin enduites d’un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés, ont reçu leur bonne dose d’engrais et de pesticides .

Ce sucre est extrait par : défécation à la chaux et à l’anhydride sulfureux, puis décoloré au sulfoxylate de sodium,  puis raffiné au norite et à l’alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.

Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d’ajouter un parfum artificiel alimentaire . Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l’odeur à partir d’éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient extrêmement faibles  par économie d’échelle en comparaison du parfum naturel de fruit.

L’exemple developpé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien des parfums artificiels de fraise, d’ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet.. etc. *

Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes : acétate d’éthyle, acéthyl méthylcarbinol,  butyrate d’isoamyle, caproate d’éthyle,  caprylate d’isoamyle, caprate d’éthyle, butyrate de terpenyle, géraniol, butyrate de géranyl, acétylacétate d’éthyle, heptanoate d’éthyle, aldéhyde benzoïque, aldéhyde p-toluique, vanilline, essence artificielle d’amande amère SAP,  essence artificielle de girofle Bourbon,  essence artificielle de cannelle Ceylan,  essence de lie de vin .

Ce texte, consacré à « la tarte aux cerises de supermarché » a été rédigé par Claude Bourguignon, un ingénieur agronome qui travailla à l’INRA, avant de quitter l’honorable maison pour cause de désaccord. Spécialiste de la microbiologie des sols, c’est lui qui démontra, pour la première fois, que les sols cultivés à grand renfort d’engrais chimiques et de pesticides, étaient biologiquement … morts.
Tout ce qui fait la vie, et donc la qualité des terres, à savoir les populations microbiennes et fongiques, est détruit par les produits chimiques, conduisant à une perte des nutriments et à l’érosion des sols.

Claude Bourguignon est membre de la Société américaine de microbiologie. En France, il n’ y a plus aucune chaire de microbiologie des sols, y compris à l’INRA ! –

Claude Bourguignon a créé avec sa femme le Laboratoire d’analyse microbiologique des sols, qui intervient dans de nombreux pays, pour aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leurs sols.

Bon appétit  … Alors,  le fait maison c’est quand même mieux non ?

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4 Commentaires

    Mon mari a été très amusé par la présence de pubs pour les arômes alimentaires dans la colonne de droite… même si ce sont les pubs automatiques de google sur lesquelles vous n’avez guère de contrôle, c’est vrai que c’est un peu curieux.

    • Céline, je comprends ton mari, ceci dit comme tu le fais remarquer nous ne choisissons pas les annonce google ….malheureusement il faut donc se concentrer juste sur le texte !!!

    je me doute de ça depuis longtemps, hélas… et c’est bien pour ça que je popote un maximum de choses et cultive mon potager et mon verger!
    personnellement, je trouve cela révoltant, c’est de l’empoisonnement public!

  • et on s’étonne de voir de plus en plus d’allergies qui apparaissent « comme ça »… « on » ne sait pas pourquoi….

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